Est-ce que vous croyez qu'un lecteur est conscient de toutes les fautes que vous avez su éviter en écrivant votre lettre ? Non, malheureusement, il ne verra que celles que vous avez commises.
Une faute d'orthographe défigure une lettre et tout autre écrit en divergeant l'attention du lecteur vers la face langagière du message.
"Scripta manent", disaient les classiques, "les mots écrits restent": une faute par écrit aussi est là pour toujours prouvant votre faillibilité.
En langue parlée, être compris est le plus important; les fautes faites sont aussitôt oubliées neuf fois sur dix. Tout le monde est concentré sur la compréhension de ce qui est dit, non pas sur une analyse des formes utilisées pour s'exprimer.
À l'écrit, on est censé de penser à ce qu'on écrit exactement. On a le temps, donc par respect pour son interlocuteur, on soigne ce qu'on met sur papier. En cas de doute, le dictionnaire et la grammaire, ainsi que le Bescherelle sont toujours là pour une vérification rapide.
Voilà pourquoi on attend toujours une copie parfaite. La moindre faute témoigne d'un irrespect capital ou d'une connaissance très lacunaire de la langue en question.
En parlant, on ne peut pas à tout instant recourir au dictionnaire et à la grammaire, en écrivant si.
Conséquence pédagogique majeure:
On ne peut pas donner des points pour une phrase imparfaite. L'unité minimale de la langue est la phrase. Si vous donnez des points pour des phrases imparfaites, vos élèves ne vont plus s'intéresser à les écrire parfaitement. Une lettre où aucune phrase n'est correcte, n'est pas une carte de visite qui prouve votre compétence langagière !
Même une faute stupide, tel que l'oubli pur et simple d'une lettre, reste une faute. La répétition de ce genre de faute ne peut pas être tolérée. Point final.
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